Les supports des pièces

Le support de pièces est une part très importante du processus d’anodisation. Il est souvent négligé par l’amateur qui se limite à un crochet en aluminium, ce qui est une grave erreur ! .

(Consultez notre tutoriel La sécurité : Pas de paranoïa ! )

Pour avoir un bon processus d’anodisation, il faut que le contact sur la pièce soit stable malgré le bullage et le brassage. Une simple suspention par crochet ne permet pas cela. Le risque principal est que la pièce bouge légèrement en cours d’anodisation et que l’on perde la conductivité pièce/support : Fin du cycle avant d’avoir atteint l’objectif d’épaisseur de la couche anodique !

Mais il faut aussi que le support ait plusieurs autres qualités pour être considéré comme un « bon support » ! Voici la liste de ces qualités, nous verrons ensuite comment les rassembler pour obtenir un support “haut de gamme” :

  • Nous l’avons vu, il faut que le support soit capable de tenir la pièce fermement,
  • Il faut que l’accrochage pièce/support marque le moins possible la pièce, car vous le savez, là où le contact se fait, il n’y aura pas d’anodisation !
  • Il faut que l’accrochage soit capable de s’adapter à la pièce : On accroche pas de la même façon une tôle est un tube !
  • Il faut que le support soit capable de s’adapter à la pièce pour la tenir au bon seuil d’immersion, c’est à dire ni trop haut, ni trop bas,
  • Il faut que le support et surtout l’accrochage soit facilement réutilisable,
  • Idéalement, il faut qu’une fois que la pièce est accrochée sur le support, il ne soit plus nécessaire de la démonter avant la fin du colmatage, ce qui élimine tout risque de traces de doigts.

Ça fait beaucoup de choses, mais nous allons voir qu’il est très simple d’obtenir ce résultat… Voici un support qui se rapproche de l’idéal, nous allons détailler sa capacité à réunir tous ces points :

Déjà, les matériaux à utiliser :
– En gris de l’aluminium,
– En rouge (hormis le câble) du titane,
– En vert, des vis titanes,
– En bleu, des vis acier inox A2 ou mieux A4.

 

Première question :

 

Où trouver les matériaux ? Sur le site anodi.fr pour le plat et les vis en titane. Pour la cornière en aluminium, dans une grande enseigne de bricolage.

 

Deuxième question :

 

Oula, du titane ? Mais je vais le travailler comment ? Pas d’inquiétude : Le titane se coupe comme l’acier avec une scie à métaux et se perce aussi bien avec des forets pour inox ! Tout du moins, le titane ANODI qui est du type « Grade 1 », c’est à dire que sa caractéristique principale est la résistance à la corrosion.

 

Il faut que le support soit capable de tenir la pièce fermement :

 

C’est le rôle des pinces. Vous pouvez les acheter toute faites ICI, ou les fabriquer avec du plat. Dans ce dernier cas, il vous faudra une scie à métaux, une perceuse avec un foret inox et 2 pinces plates pour les pliages.

Elles peuvent prendre plusieurs formes : Le modèle A est spécialisé pour prendre les pièces par l’intérieur, comme les tubes ou toutes pièces creuses. Le modèle B est lui spécialisé dans les pièces à pincer par l’extérieur. Ce qui permet à ces pinces de tenir fermement les pièces, c’est l’élasticité du titane :

Pour le modèle A, il suffit que l’écartement de la pince soit légèrement plus grand que la pièce. Vous serrez la pince avec 2 doigts, vous introduisez la pièce et relâchez la pince.

Pour le modèle B, c’est strictement l’inverse : Écartez la pince, introduisez la pièce et relâchez la pince. Dans les deux cas, la pièce est fortement maintenue.

Il faut que l’accrochage pièce/support marque le moins possible la pièce, car la ou le contact se fait, il n’y aura pas d’anodisation !

 

Pour le modèle A, pas de problème puisqu’il est dédié aux prises intérieures ! Pour le modèle B une marque est inévitable, mais elle sera minuscule, voir invisible ! Pour arriver à ce résultat, il suffit de couper les plats de la pince en biais comme l’indique le cercle vert. Le contact se fera par ces pointes. Sur la pièce finie du centre, on voit les marques.

Bien sur, il est aussi souvent possible d’utiliser une zone invisible une fois la pièce en uitilisation ! Sur cette poignée par exemple, il faut utiliser la zone du point de pivot (en rouge)

Il faut que l’accrochage soit capable de s’adapter à la pièce :

 

On accroche pas de la même façon une tôle et un tube !

Un tube long par exemple sera accroché horizontalement.

S’il est lourd, il sera soutenu (toujours par l’intérieur afin que les marques soient invisibles) en désolidarisant l’autre pince.

Le but de la pince désolidarisée de droite n’est pas de réaliser un contact électrique, ça, c’est le rôle de la pince de gauche.

Avec une pince extérieure à serrer et une pince intérieure à écarter, il est très simple de faire de très nombreuses combinaisons qui vont permettre d’attacher correctement des pièces très différentes.

Il faut que le support soit capable de s’adapter à la pièce pour la tenir au bon seuil d’immersion, c’est à dire ni trop haut, ni trop bas :

 

C’est pour cela que les plats en titane seront percés… Il sera alors très facile de faire descendre ou monter la pièce dans le bain en fonction de son niveau de solution ou du format de la pièce.

Pour que ce soit encore plus facile, vous pouvez très bien ne pas monter des écrous sur les vis bleus, mais des papillons.

Il faut que le support et surtout l’accrochage soient facilement réutilisables :

 

Avec un support bien conçu, il est très facile de multiplier au besoin le nombre d’accrochage, leur hauteur et leur position :

Idéalement, il faut qu’une fois que la pièce est accrochée sur le support, il ne soit plus nécessaire de la démonter avant la fin du colmatage, ce qui élimine tout risque de traces de doigts :

 

Pensez-y, c’est vraiment un confort important :

Vous accrochez vos pièces sur le support et vous pouvez alors sans les démonter les passer au lavage alcalin, à la soude, au désoxydant, les anodiser, les colorer et les colmater ! Bien sur, il ne faut pas oublier de gérer les rinçages !

Si vous le pouvez, essayez au moins de ne pas démonter après l’anodisation. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment des rinçages !

Notez que le titane est pour cela idéal : il est totalement insensible à tous les bains de la ligne d’anodisation, qu’ils soient acides ou basiques.

C’est une des raisons qui fait que même si l’aluminium serait utilisable pour les accrochages, il est à déconseiller ! Les autres raisons sont les suivantes :

– Comme le support va s’anodiser, il va falloir le décaper à chaque anodisation, sinon, vous risquez de ne pas avoir de contact électrique (la couche anodique ne conduit pas le courant). Problème, c’est qu’au bout de quelques décapages, votre support va être littéralement dévoré par le bain de soude !

– Certes, le titane est plus cher que l’aluminium… Mais si vous tenez compte :

* Des risques de mauvaise anodisation avec un mauvais courant ou un accrochage mal décapé,
* Du fait que votre accrochage en titane vous durera des années alors qu’un accrochage en aluminium juste quelques cycles,
* De la facilité d’utilisation du titane,

Il vaut mieux mettre 20€ de plus dans un accrochage en titane ! C’est bien plus fiable et économique !

Enfin, quelque soit le matériau, n’oubliez pas de rajouter dans votre calcul de surface la partie de votre support qui trempe dans le bain d’anodisation ! C’est souvent négligé sans gravité avec du fil, mais avec des pinces, si votre pièce est petite, cela aura un impact important…

 

A bientôt, et bonne anodisation 😉

janvier 25th, 2018 by